mercredi 1 mai 2013

A la croisée des mondes, Philip Pullman


Je suis de retour (mais pour combien de temps... ma vie est trop mouvementée ^^) avec le chef-d'oeuvre de Philip Pullman, la saga A la croisée des mondes (His dark materials). J’ai lu cette trilogie deux fois en entier (et d'affilée) mais j’ai dû relire le premier tome une quinzaine de fois (au moins) ! La première fois, j’avais à peine 11 ans (comme Lyra d’ailleurs), j’étais en sixième et j’ai a-do-ré ! La seconde, ce fut l’année dernière. J’ai mieux analysé, j’ai eu un regard beaucoup plus critique mais, l’un dans l’autre, je conserve mon coup de cœur !


Comme pour mon article sur la saga Hunger Games, je vous propose un découpage en deux parties :
-  Les points transversaux de la trilogie
-   Mon avis tome par tome

Je vais essayer de rester superficielle pour ne pas gâcher le plaisir de la lecture et de la découverte pour ceux qui ne l'ont pas lu (et ceux qui l'ont lu sauront de quoi je parle ^^).

C’est parti ?


 


1° Points transversaux

1°1 La plume de Philip Pullman

Cette trilogie est extrêmement bien écrite, très agréable à lire, le style est terriblement addictif ! La plume est à la fois subtile et dynamique. Les descriptions convoquent parfaitement l’univers du récit, les dialogues sont très bien menés avec un registre de langage adapté au personnage mais jamais enfantin pour autant. Pour une saga étiquetée jeunesse (alors que franchement, ce n’est pas vraiment justifié), l’écriture est très travaillée même, parfois, complexe pour les plus jeunes, je pense. Après, je n’ai lu qu’en français... Même si je pense que le texte original est très bon, j’aimerais souligner l’excellent travail du traducteur tant au niveau général que pour les termes associés au monde de Pullman.


1°2 L’univers de la saga

Mais où Philip Pullman est-il allé chercher tout ça ?! C’est certainement l’univers fantastique de la littérature qui m’a le plus fasciné de tout ce que j’ai pu lire ! Tout me plait : l’idée des différents mondes, les enjeux de pouvoir, le poignard subtil, l’aléthiomètre, les daemons bien sûr (je me suis toujours demandé quelle forme mon daemon prendrait...).  J’ai aimé cette incursion subtile du fantastique dans un monde que l’on connait ou que l’on pourrait connaitre, différent juste comme il faut du nôtre.  Comme toujours, j’ai moins apprécié les éléments trop merveilleux pour moi : les sorcières, les ours, les anges, les Mulefas. Mais, dans cette trilogie, ça ne m’a pas plus embêté que cela : ces éléments sont introduits progressivement et s'insèrent parfaitement dans l'univers créé. C'est là un autre point particulièrement génial à souligner : le rythme d’apparition des éléments est parfait, nous avons juste le temps d’assimiler mais pas le temps de s’ennuyer. Nous sommes toujours dans la découverte, dans l'attente d'un élément qui éclairera les événements.Quel suspense et quelle maîtrise !

J'aurais néanmoins quelques critiques à ajouter. D'une part, Pullman tombe dans un schéma traditionnel avec le personnage de l'élue, Lyra. Pourquoi elle ? Pourquoi faut-il toujours un élu avec une prophétie ? Evidemment, c'est efficace mais ce n'est pas très original. Pour le coup, j'ai préféré Will qui s'est retrouvé au mauvais endroit au mauvais moment. Même si, comme par hasard, c'est un garçon au passé trouble et d'une grande morale, son implication dans l'aventure semble davantage fortuite et plus naturelle. Il est plus facile de s'identifier à ce jeune homme qu'à Lyra par le fait.

Ma seconde critique tiendra au fond du message que transmet Pullman : l'objectif à terme est de détruire l'Autorité et le Magisterium (comprenez Dieu et l'Eglise). Pour ma part, mettre tous les maux du monde sur l'existence de l'Eglise me paraît un peu facile et par trop manichéen. En outre, au-delà d'un anticléricalisme qui confine à la caricature mais que je peux admettre, je ne comprends pas cette volonté d'en finir avec Dieu et de l'opposer à la liberté et au plaisir : n'avons-nous pas la liberté de croire et d'en tirer un certain bien-être, Monsieur Pullman?  
Mais enfin, au vu de la qualité de l'histoire et de la richesse du monde créé, j'ai facilement fait abstraction de ces sous-entendus radicaux pour me concentrer sur le sens au pied de la lettre et l'exhaltation que nous procure la quête de Lyra et de ses amis (les cathos sont loin d'être des gens obtus, n'en doutez pas ! ^^).

  
1°3 Les personnages

Lyra est la fillette que j’ai rêvé d’être, enfant : courageuse voire téméraire, enthousiaste, audacieuse (menteuse à ses heures mais pour la bonne cause), vive, intelligente, intuitive ! Les qualificatifs ne manquent pas. Cependant, dès ma première lecture mais surtout récemment, elle m’a fortement agacée. On la découvre sous un autre jour également. C'est une enfant très sûre d'elle jusqu'à l'arrogance. Elle est aussi réglièrement capricieuse et colérique. Malgré cela (et heureusement), on s’attache vraiment à elle et à son daemon, Pantalaimon. Ce dernier a souvent des réactions opposées à celle de Lyra : il est craintif, plus réfléchi (comme le fond du cœur de Lyra ?). En tout cas, c’est l’héroïne idéale, celle qui permet de rendre l’histoire palpitante d’autant plus que Lyra grandit et évolue au cours des tomes, elle apprend de ses erreurs et s'assagit. 

Will Parry n'apparaît que dans le deuxième tome mais on a l'impression de la connaitre autant que Lyra et on se demande comment on a pu s'en passer tout ce temps ! Lors de ma première lecture, à 11 ans, j’avais un gros faible pour lui ^^. Normal, me direz-vous, il est parfait : il est plus adulte que Lyra et est donc rassurant. Je ne lui trouve que des qualités : réfléchi et courageux, intègre et volontaire. Will évolue finalement moins que Lyra parce qu'il en a moins besoin, en fait. Il reste fidèle à lui-même tout au long de l'aventure et apporte une stabilité nécessaire.

Madame Coulter et Lord Asriel sont deux personnages tout en nuances. Ni bons, ni mauvais, c'est la soif de pouvoir qui les guide et les rassemble. J'ai détesté la doucereuse Marisa Coulter dès le début. Elle est fausse mais elle reste fascinante et presque touchante à certains moments : lorsqu’elle est moins sûre d’elle, quand elle ne peut plus tout contrôler, quand elle semble capable d’éprouver des sentiments. Mais même dans ces situations reste son affreux daemon ! Lord Asriel m'a posé quelques problèmes : intellectuellement, évidemment ce personnage est central. C'est le fondateur de la République des Cieux (l'histoire n'irait pas loin sans lui), il a un passé trouble, il cherche à contrôler totalement les événements, les gens et ses propres sentiments... Bref de quoi en faire un personnage de grande envergure ! Mais il ne m’a jamais touché réellement. C’est très étrange. Je crois qu’il est trop fidèle aux stéréotypes de ce type de roman, trop ténébreux, il en sait trop et tout et tout...

Les personnages secondaires sont aussi très étudiés. Inoubliables au même titre que les principaux. Je pense notamment à Farder Coram que j’ai a-do-ré ! Ou bien sûr à Lee Scoresby : mon personnage préféré vraiment ! Il apporte une dose d’humour mais aussi d'émotion à l'histoire. Je ne suis pas la seule à l'avoir adoré puisque Pullman a ensuite écrit une préquelle le concernant (que je n’ai pas encore lu mais ça ne saurait tarder). J'ai moins aimé Mary Malone, elle est très importante, certes, mais pas très touchante (et je n'ai pas accroché aux Mulefas, ça n'aide pas).

Pour conclure cette partie, je dirai que les personnages sont une autre grande force de cette trilogie. Hautement réalistes dans leurs caractères et dans leurs réactions, très travaillés, susceptibles d'évoluer, aucun ne laisse indifférent, des personnages principaux jusqu'aux derniers des personnages secondaires !


2° Tome par tome

Attention, les tomes 2 et 3 révèlent naturellement des événements du premier tome...

2°1 Les royaumes du Nord



Pourquoi la jeune Lyra, élevée dans l'atmosphère confinée du prestigieux Jordan College, est-elle l'objet de tant d'attentions ? Lorsque son meilleur ami disparaît, elle se lance sur ses traces. Un périlleux voyage vers le Grand Nord, qui lui révélera ses extraordinaires pouvoirs et la conduira à la frontière d'un autre monde.

Une pépite ! Un début in medias res qui aide vraiment et qui fait qu’on ne peut pas lâcher ce livre avant la fin. Tant de questions sont posées en vingt pages et nous plongent directement au cœur de l'aventure !  Les personnages sont très riches, on ne peut que se sentir concerné par ce qui leur arrive.

Quand j’étais petite, lors de ma première lecture, c’était incontestablement mon tome préféré. Il y a certainement plus d’action, plus de paysages à découvrir que dans les autres tomes. La découverte d’un monde si proche et si lointain du notre m'a fascinée et la fin est pleine de promesses. Je n’y vois quasiment aucun défaut en fait !

♥♥♥♥♥


2°2 La tour des anges



Le jeune Will, à la recherche de son père disparu depuis de longues années, est persuadé d’avoir tué un homme. Dans sa fuite, il franchit une brèche presque invisible qui lui permet de passer dans un monde parallèle. Là, à Cittàgazze, la ville au-delà de l’Aurore, il rencontre Lyra, l’héroïne des "Royaumes du Nord". Elle aussi cherche à rejoindre son père, elle aussi est investie d’une mission dont elle ne connaît pas encore toute l’importance. Ensemble, les deux enfants devront lutter contre les forces obscures du mal et, pour accomplir leur quête, pénétrer dans la mystérieuse tour des Anges…

Voilà un tome avec lequel j’ai eu plus de difficultés lors de ma première lecture. Avec le recul, je ne sais pas trop pourquoi. Peut-être parce qu’il est plus lent, parce que l’atmosphère change du tout au tout par rapport au premier, parce qu’il faut se réadapter à de nouveaux personnages et ne pas se perdre entre les mondes (les petits dessins-repères en haut des chapitres signalant le monde où l'on se trouve sont vraiment une excellente idée d'ailleurs).

A la relecture, je n’ai pas peur d’affirmer que c’est là mon tome préféré : d’une part il y a l’arrivée de Will, alors bon ben voilà quoi ^^. Mais outre ce détail (ahahah), je trouve que tout est parfait : le monde angoissant et oppressant de Cittàgazze, les nouvelles trouvailles de Pullman comme les spectres. L’histoire du poignard m’a exaltée tout comme l’apprentissage difficile de Will.

La fin m’a un peu moins plu : elle est quelque peu rapide, vite expédiée (mais, après tout, c'est ainsi que la vivent les héros). J'ai également été moins absorbée par l’histoire de Mary Malone et des ombres qui lui parlent : c’est étrange quand même (et moins "naturel" que l'aléthiomètre). Mais, je le répète, ce tome est mon favoris !

♥♥♥♥♥


2°3 Le miroir d’ambre



Lyra est retenue prisonnière par sa mère, l'ambitieuse et cruelle Mme Coulter qui, pour mieux s'assurer de sa docilité, l'a plongée dans un sommeil artificiel. Will, le compagnon de Lyra, armé du poignard subtil, s'est lancé à sa recherche, escorté de deux anges, Balthamos et Baruch. Avec leur aide, il parviendra à délivrer son amie. À son réveil, Lyra lui annonce qu'une mission encore plus périlleuse, presque désespérée, les attend : ils doivent descendre dans le monde des morts…

C'est un tome plus difficile, qui coule moins de lui-même ai-je trouvé ; mais il n'est pas de moins bonne qualité ! Il est plus noir.

L'action n'est pas régulière dans ce volet. L'histoire avance par étape. On commence avec la quête de Will pour retrouver  Lyra ; j’ai beaucoup aimé l'idée du rêve entrecoupé de Lyra mais ce que je retiens surtout de cette partie, c'est la richesse des paysages décrits... merveilleux.

Une seconde partie, et pas des moindres, est consacrée à la descente dans le monde des morts. J'ai adoré le chemin jusque là ! Le monde en lui-même et l'après sont aussi bien décrits mais moins surprenants peut-être. Que d'émotions et de tristesse en retrouvant les morts, les anonymes mais aussi ceux que nous attendions de revoir !

La dernière partie du roman m'a moins transportée bien qu'elle m'ait complètement absorbée. La fin est vraiment à la hauteur de la virtuosité de la saga. Elle est très touchante, telle qu'elle doit être. Mais les héros sont encore très jeunes et nous n'avons aucun indice pour deviner ce que sera leur vie désormais... Le lecteur est libre de s'imaginer ce qu'il veut... c'est bien mais un peu frustrant dans ce cas. Cela dit, Pullman a complété sa trilogie par d'autres romans qui m'éclaireront peut-être !

♥♥♥♥♥




Un petit mot sur le film ?

 Il n'est vraiment pas à la hauteur du roman (il n'a d'ailleurs eu aucun succès si bien que seul le premier tome a été adapté). Il faut reconnaître que les décors sont bien travaillés et sont probablement le point fort du film (l'aléthiomètre est bien rendu, la mort aussi avec la disparition des daemons) même s'ils font un peu trop faux, retouchés. 

En fait, l'histoire est édulcorée, on y trouve moins les enjeux de fond, les ours ne sont pas très impressionnants, le daemon de Madame Coulter est tout petit (je voyais un singe plus imposant). Et cela se ressent dans l'interprétation des acteurs qui ne paraissent pas convaincus. Le casting est plutôt très bien mais le talent des acteurs n'est pas transcendé. Et je n'accroche pas du tout à cette Lyra (surtout à sa voix en VF, quelle insolence, arrogance et prétention).

Le réalisateur en a fait un film pour enfant et a donc gâché tout le potentiel de l'oeuvre. Dommage !

♥♥♥♥♥


Bon ça y est, j’ai envie de relire l'ensemble… encore ! 



jeudi 14 février 2013

Guillaume Musso

Oui, j’avoue, j’ai lu du Musso. Je voulais me faire mon propre avis en connaissance de cause ; parce qu’entre ceux qui le descendent plus bas que terre (parfois sans l’avoir lu) et ceux qui l’encensent sans réel  argument, je ne savais pas trop qu’en penser. Verdict en quelques mots ? Des histoires prenantes dans une langue très plate.


Layla, une petite fille de cinq ans, disparaît dans un centre commercial de Los Angeles. Ses parents, brisés, finissent par se séparer. Cinq ans plus tard, elle est retrouvée à l'endroit exact où on avait perdu sa trace. Elle est vivante, mais reste plongée dans un étrange mutisme. À la joie des retrouvailles, succèdent alors les interrogations. Où était Layla pendant cette période ? Avec qui ? Et surtout pourquoi est-elle revenue ?

J’ai eu le premier, Parce que je t’aime, dans le cadre d’un swap [merci Gummis !] J’ai été happée par l’histoire si bien que j’ai dévoré ce roman en trois petites heures ! Il faut dire que ça se lit bien, aucune complexité dans l’écriture ; ce qui n’est pas forcément négatif,  malheureusement, dans ce cas-là,  c’est aussi parce que qu’il n’y a aucune recherche dans le maniement de la plume… 

Mais on peut passer outre cette pauvreté linguistique pour saluer l’inventivité et l’originalité de l’intrigue. J’ai envie de dire que cela fonctionne ! Certains parlent de  « littérature commerciale » (mais la véritable littérature peut-elle être commerciale ? Haha, vous avez  6 heures !), je les rejoins : c’est efficace. Néanmoins, Guillaume Musso n’évite pas les clichés : l’enfance malheureuse, le self made man… Le tout se liant dans un véritable mélodrame frisant parfois le pathétique. Mais bon, on passe un très bon moment sans prise de tête !

Je dois quand même souligner que j’ai été déçue par le dénouement…  Etant donnée l’attente créée autour, je m’attendais à plus surprenant. J’avais pensé à cette hypothèse avant de l’écarter car je la trouvais trop convenue… Eh bien, j’avais vu juste, à mon grand regret… 

♥♥♥♥♥




Et si l'on nous donnait la chance de revenir en arrière ? Elliott, médecin réputé, père comblé, ne s'est jamais consolé de la disparition d'Ilena, la femme qu'il aimait, morte il y a trente ans. Un jour, par une circonstance extraordinaire, il est ramené dans le passé et rencontre le jeune homme qu'il était alors. Les années 1970 battent leur plein à San Francisco, Elliott est un jeune médecin passionné et plein d'ambition. Fera-t-il cette fois le geste décisif qui pourrait sauver Ilena ? Saura-t-il modifier son implacable destin ?

Plus tard, j’ai lu Seras-tu là ?. Là encore, j’ai été frappée par la plume sans nuance ni subtilité de Musso. Les premières pages sont un peu dures … Mais on finit par s’habituer (on s’habitue à tout, je crois) pour se laisser captiver par l’histoire. Si celle-ci comporte aussi son lot de stéréotypes (avec aussi d'énormes similitudes entre les deux romans), je l’ai malgré tout préférée à Parce que je t’aime. Et la fin ne m’a pas déçue cette fois-ci ! Les personnages sont peu fouillés, trèèès convenus mais finalement assez attachants. 

♥♥♥♥♥



[PS : mais quel est le rapport entre les textes et les couvertures des romans ???]

Conclusion : je ne peux pas dire que je n’ai pas aimé. Il faut simplement savoir à quoi s’attendre, ne pas vouloir y trouver du Victor Hugo, et il y a alors possibilité d’apprécier ces petits romans plutôt divertissants !

lundi 4 février 2013

Quelques lectures

 

Après encore une longue absence, un nouvel article regroupant plusieurs chroniques :

- Le Rayon vert, Jules Verne
- Spellman et associés, Lisa Lutz
- Véronika décide de mourir, Paulo Coelho
- La voleuse de livres, Markus Zusak



Helena Campbell, jeune fille fantasque issue d’un des meilleurs clans écossais, déclare à ses oncles qu’elle n’envisagera le mariage qu’après avoir contemplé le rayon vert. Selon une vieille tradition, celui qui l’a vu «ne peut plus se tromper dans les choses des sentiments». Au cours de cette quête, elle pourra juger les qualités et les sentiments du jeune pédant Aristobulus Ursiclos ainsi que l’âme d’un jeune peintre qu’elle sauvera d’un naufrage. 
Jules Verne compose ainsi, mêlant les connaissances scientifiques de son temps aux descriptions des coutumes et des splendides paysages d’Ecosse, un de ses meilleurs romans d’amour. 

De ce que j’en ai lu, j’aime beaucoup Jules Verne, mais jusqu’au Rayon vert, je n’avais pas encore eu de coup de cœur… Ca y est !  

Ce roman sort de l’idée que l’on peut se faire de Jules Verne. Pas d’invention géniale ou de longues pages de classification scientifique, non. Il est ici question de poésie, d’amour, d’une part de magie à l’écossaise également. Si l’humour est toujours présent, si l’on voyage toujours autant et si l’aventure est toujours au cœur de l’histoire, ce roman m’a quand même donné l’impression d’un renouveau. Et c’est pour le mieux ! D’autant que la plume de Jules Verne est de grande qualité, chose que l’on remarque vraiment dans Le Rayon vert.

Ce livre n’est pas très long, je n’en ajouterai donc pas plus pour vous laisser le plaisir de la découverte si l’envie vous prenait de vous lancer dans l’aventure. Je dirai simplement que la (double) quête du rayon vert m’a beaucoup plu ; c’est frais, léger et la fin est à la hauteur !


♥♥♥♥♥






Qui pourrait résister aux Spellman, la famille la plus sérieusement fêlée de la Côte Ouest ? Certainement pas leur fille, Izzy, associée et néanmoins suspecte. Car pour ces détectives-nés, rien n'est plus excitant que d'espionner, filer, faire chanter... les autres Spellman de préférence.
Mélange détonant d'humour et de suspense, ce best-seller international (et son héroïne) a fait craquer Hollywood : vous n'êtes pas près d'oublier les Spellman ! 


Voilà un roman sympathique et divertissant mais je suis assez loin du coup de cœur. Les personnages sont carrément loufoques et, je dois dire, plutôt attachants. Ils ont un don pour se mettre dans des situations improbables ! Entre enquêtes professionnelles et espionnage familial, on s’amuse beaucoup à la lecture de ce roman. La plume et le point de vue d’Izzie servent bien cette ambiance déjantée.

Cela dit, je m’attendais à quelque chose d’encore plus drôle (au vu du commentaire de Laurence Wessinger) alors que j’ai trouvé qu’il y avait une part de tristesse due à une atmosphère pas si légère pour les personnages de cette famille haute en couleur. J’ai à la fois eu un peu de mal à entrer dans l’histoire et je me suis un peu lassée sur la fin (avant la remontée finale). Cela tourne légèrement en rond. 

Bref, une lecture agréable mais pas inoubliable. Je lirai la suite tout de même !

♥♥♥♥♥




 


A Ljubljana, où elle mène une existence sage, Veronika vit les mêmes rêves que toutes les jeunes filles du monde. Pourtant, elle n'est pas heureuse. C'est pour cette raison que, le 11 novembre 1997, elle décide de mourir. Son suicide manqué la conduit à l'hôpital psychiatrique.

Ma découverte de Paulo Coelho est sur la pente descendante : après avoir eu un coup de cœur inconditionnel pour L’Alchimiste, ma lecture de Sur le bord de la rivière Piedra je me suis assise et j’ai pleuré m’a paru terne. A nouveau, Véronika décide de mourir fut une lecture agréable mais pas transcendante. 

J’ai beaucoup aimé le début quand Véronika prend sa décision de manière tellement logique et rationnelle. J’ai aimé son pseudo geste patriotique. Le personnage de Véronika m’a bien plu. Et c’est un point très important quand  le héros vous plait, n’est-ce pas ? Par la suite, j’ai apprécié la réflexion autour de la relativité de la folie ainsi que l’importance donnée  aux différents patients de l’hôpital psychiatrique et le développement des histoires personnelles. L’histoire du roi fou conté par une des patientes est très belle !

A m’entendre, j’ai tout aimé, n’est-ce pas ? Oui mais non ! Passons aux points qui m’ont déplu[ATTENTION SPOILER]:
- L’intrusion du « personnage de Paulo Coelho » qui tombe comme un cheveu sur la soupe selon moi
- Le directeur de l’hôpital, ses méthodes et sa théorie de l’Amertume un peu étrange 
- En plus, à partir de là, j’ai su que Véronika ne mourrait pas. Bref, l’explication de sa théorie qui arrive quand même assez tôt lève tout suspens…
- Du coup, je n’ai pas aimé la fin, la fuite. J’ai trouvé ça gros, tiré par les cheveux et même pas romantique.
- Enfin, le style littéraire m’a paru assez plat.

En bref, cette lecture ne me laissera pas un souvenir impérissable mais je suis contente de l’avoir lu, j’ai passé un bon moment. J’ai dévoré ces 288 pages en quelques heures : c’est que cela reste prenant au-delà des défauts !

♥♥♥♥♥






Quand la Mort vous raconte une histoire, vous avez tout intérêt à l'écouter. 
Une histoire étrange et émouvante où il est question
- dune fillette ;
- de mots ;
- d'un accordéoniste ;
- d'Allemands fanatiques ;
- d'un boxeur juif ;
- de vols


Un livre hors du commun, ça c’est certain ! Markus Zusak fait voler en éclat tous les codes narratifs classiques. En même temps quand le narrateur est la Mort en personne, comment rester conventionnel ?! L’originalité est partout ! La plume est incomparable, surprenante. C’est vraiment ce qui m’a le plus frappée dans ce roman.

Par ailleurs, le traitement de l’histoire offre un éclairage différent de ce que l’on nous raconte le plus souvent de la Seconde guerre mondiale. Nous entrons dans l’intimité de familles allemandes. J’ai vraiment eu l’impression d’être une gamine de cette rue, une voisine de Rudy par exemple. L’auteur a une facilité à évoquer et à convoquer les paysages et les personnages. Des personnages particulièrement émouvants  et intrigants ! Qui est cette fillette voleuse de livres et qui ne sait pourtant pas bien lire ? Même la Mort a envie d’en savoir plus sur son compte ! Alors elle nous entraîne dans son univers, auprès de ses amis, de ses voisins, de ses (merveilleux et courageux) parents de substitution, de "ses" livres…  

Et tout simplement, l’histoire est innovante ! Entre anecdotes et rendez-vous avec la grande Histoire, elle nous pose des questions difficiles : qu’est-ce que l’engagement ? Quel regard porter sur sa propre Nation quand on sent bien qu’elle s’aventure dans l’horreur ? Que faire ou ne pas faire ? Comment donner de l’importance à sa vie lorsqu’elle est prise dans le tourbillon de l’Histoire ? Courir ? Lire ? 

Contrairement à certains, j’ai aimé les chapitres introductifs, les pensées de la Mort. Mais c’est vrai qu’il y avait certaines longueurs sur ces 500 pages qui ont fini par me lasser quelque peu. Toutefois ce n’est heureusement pas assez important pour effacer la poésie  et l’émotion qui émanent du récit de ces quotidiens dévastés !

♥♥♥♥♥

samedi 15 décembre 2012

Chocola...ddict !




Je m’étais inscrite au challenge chocoladdict il y a plus d’un an. J’ai bel et bien tenu mes engagements en temps et en heure mais le compte rendu, c’est une autre histoire… J’avais uniquement chroniqué Sœurs chocolat, un roman sympathique que j’avais beaucoup apprécié. Aujourd’hui, je vous propose de clore ce challenge en regroupant tout ce qui le concerne… attention à la crise de foie ! 

Gâteau chocolat et amandes


Tout d’abord, j’avais réalisé un gâteau au chocolat et aux amandes, très bon mais malheureusement un peu grillé et donc pas très présentable (tentative d’adaptation au nouveau four)… 




La recette ? Elle vient de ce livre de recette qui est une mine d’or pour les accros du choco :


225 g de chocolat noir cassé en morceaux
3 cuillères à soupe d’eau
150 g de sucre roux 
175 g de beurre en pommade
25 g d’amande en poudre
3 cuillères à soupe de farine levante
5 œufs (blancs en neige)
100 g d’amandes blanchies et finement hachées
Sucre glace en déco (ou pas…)

1°Beurrer un moule et le chemiser de papier sulfurisé.
2°Faire fondre le chocolat à feu doux. Ajouter ensuite le sucre et remuer jusqu’à dissolution. Ajouter le beurre et faire fondre.
3° Retirer du feu et incorporer les amandes en poudre et la farine en remuant doucement.
4°Ajouter les jaunes d’œufs un à un en battant bien après chaque ajout.
5°Battre les blancs en neige puis les incorporer à la préparation. Ajouter les amandes hachées en remuant. Répartir la préparation dans le moule en lissant bien. 
6°Cuire au four préchauffé à 180° (Th 6), 40 à 45 minutes.
7°Laisser le gâteau tiédir 30 minutes avant de démouler… Bonne dégustation !

Avec tout ça un peu de lecture ? Voici...

Chocolat de Joanne Harris



Lansquenet est un petit village au cœur de la France où la vie s'écoule, paisible et immuable. L'arrivée d'une mystérieuse jeune femme, Vianne Rocher, et de sa fille, Anouk, va tout bouleverser. D'autant qu'elle s'avise d'ouvrir une confiserie juste en face de l'église, la veille du carême !
Dans sa boutique, Vianne propose d'irrésistibles sucreries. Et beaucoup succombent à son charme et à ses friandises... Car le chocolat de Vianne soigne les espoirs perdus et réveille des sentiments inattendus. Tout cela n'est pas du goût du comte de Reynaud et du curé, convaincus tous deux que les douceurs de Vianne menacent l'ordre et la moralité... En tout cas, la guerre est déclarée. Deux camps vont s'affronter : les partisans des promesses célestes et ceux des délices terrestres.

J’avais vu le film avant de lire le livre mais c’était il y a longtemps. J’ai donc redécouvert cette jolie histoire en forme de conte poétique. J’ai beaucoup aimé ce livre que je trouve très bien écrit avec un rythme agréable et doux. Les personnages sont hauts en couleur. J’ai été surprise mais ai apprécié l’alternance de narrateur. L’intrigue est riche, originale et parfois tendue. Joanne Harris crée une ambiance chaleureuse, parfumée, épicée, on s’y croirait ! 

J’ai quand même été un peu agacée par les stéréotypes qui sous-tendent ce roman : entre les grenouilles de bénitier et le curé obtus et les gens à l’esprit moderne, tolérants, ouverts, irréprochables…  L’affaire est un peu vite pliée dans ce village isolé de la France profonde où la vie devient pesante. Mais cela n’a pas gâché ma lecture.

Je conseille vraiment ce roman que je trouve bien dans l’atmosphère de Noël d’ailleurs !

♥♥♥♥♥


Puisqu’on y est, parlons de l’adaptation ! 
Avec, notamment Juliette Binoche et Johnny Depp.



Le chocolat, adaptation par Lasse Hallstrцm (2001)



J’ai adoré cette adaptation ! On y retrouve l’ambiance douce et gourmande du livre mais avec des aménagements salutaires : on recule de dix ans le contexte de l’époque, le curé devient le maire… Entre autres petits changements.



Les acteurs sont TOUS parfaits, beaux et doués ! Les personnages sont encore plus attachants que dans le livre. J’ai aimé que le réalisateur conserve cette ambiance du conte, ce type de narration tout particulier. On sent la magie, le fantastique.


 

Attention, munissez-vous de chocolats pour regarder ce film sous peine d’être mis au supplice dans le cas contraire ! 

 

♥♥♥♥♥



Cupcakes au Chocolat



 


Encore quelques gourmandises du coup ? J’ai réalisé une autre recette : mes tout premiers cupcakes, fourrés au Nutella ! Hihihi 

La recette vient du blog The lost art of keeping secrets que j’aime beaucoup. Voici mon résultat mais la présentation est bien plus réussie sur le blog d’Emy qui est à l’évidence davantage une pro de la poche à douille que moi ! Néanmoins ce fut un dé-li-ce !



 

Enfin, je vais vous parler d’un autre film qui m’a énormément plu : 

Les Émotifs anonymes, de Jean-Pierre Améris





Jean-René, patron d'une fabrique de chocolat, et Angélique, chocolatière de talent, sont deux grands émotifs. C'est leur passion commune pour le chocolat qui les rapproche. Ils tombent amoureux l'un de l'autre sans oser se l'avouer. Hélas, leur timidité maladive tend à les éloigner...

Avec en rôles titres : Isabelle Carré et Benoît Poelvoorde.


J'ai été voir ce film sans attente particulière et j'ai finalement eu un vrai petit coup de cœur pour cette histoire amusante et rafraîchissante !

Le film est esthétiquement réussi, la musique est sympa, dynamique et les quelques chansons donnent un coup de peps qui font définitivement entrer le film dans le registre de la fable. Une fable sur fond de timidité et de chocolat !




Honnêtement, je me suis tellement retrouvée dans certaines situations notamment quand Jean-René est terrorisé à l'idée de répondre au téléphone... Je suis émotive moi aussi, je sais que c'est parfois dur de s'imposer en société... Le traitement de ce thème, parfois triste, est à la fois comique et tendre et cela fait du bien ! De plus, on se régale par procuration des délices que prépare Angélique ! Les acteurs sont très bons, drôles et sincères. Les personnages sont tous attachants quelle que soit leur importance. L'histoire est on ne peut plus prévisible mais c'est le but du jeu et c'est tellement mignon qu'on ne peut pas en tenir rigueur.

Vraiment, c'est un film, certes sans prétention, mais très réussi et distrayant pour une de ces après-midi d'hiver !

♥♥♥♥♥



Et ainsi s'achève ce long billet et ce challenge chocoladdict pour lequel je remercie Aaliz ! 

Bonne soirée à tous !